Autochromes de la collection Albert-Kahn.
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Les Archives de la Planète

Les missions financées par Albert Kahn dans plus de 60 pays ont permis de réunir une collection exceptionnelle de films en noir et blanc et la première collection au monde d’autochromes (photographies en couleurs véritables sur plaques de verre).
Portraits, scènes de vie, architecture… : les Archives de la planète représentent un témoignage photographique et cinématographique unique du quotidien des habitants du monde au début du XXe siècle.

Albert Kahn est animé par un idéal de paix universelle. Sa conviction : La connaissance des cultures étrangères encourage le respect et les relations pacifiques entre les peuples. Il perçoit également très tôt que son époque sera le témoin de la mutation accélérée des sociétés et de la disparition des modes de vie traditionnels.

Il entreprend alors de créer les « Archives de la Planète » pour lesquelles il emploie des photographes et des cameramen chargés de saisir tous les aspects des us et coutumes qu’ils rencontrent lors de leurs missions. L’ambition du projet l’amène à confier sa direction scientifique au géographe Jean Brunhes (1869-1930), l’initiateur en France de la géographie humaine.
Deux inventions récentes des frères Lumière sont mises à contribution : le cinématographe (1895) et l’autochrome (1907).

Entre 1909 et 1931, Albert Kahn finance ainsi des campagnes photographiques et cinématographiques dans une cinquantaine de pays (Europe et d’Asie sont majoritaires). Ces « Archives de la Planète » constituent les collections du musée Albert-Kahn.
Ces films et ces photographies illustrent la vie économique, politique et sociale, l’habitat, les costumes, les transports, l’art, la culture, les religions, les milieux naturels, la vie quotidienne. D’autres sujets complètent ce kaléidoscope du début du XX e siècle, tels les invités personnels d’Albert Kahn, les expositions internationales et salons d’art, l’aéronautique, la Première Guerre mondiale, la biologie.
Les collections du musée sont un moyen remarquable de découvrir l’histoire, l’évolution des sociétés et les mœurs dans le monde de la première moitié du XX e siècle.

Des photographies

4 000 plaques stéréoscopiques, principalement en noir et blanc, (procédé de photographie restituant le relief) illustrent le voyage autour du monde qu’effectua Albert Kahn entre 1908 et 1909. Le Japon et la Chine sont particulièrement documentés.
72 000 plaques autochromes. Il s’agit de la plus importante collection au monde.

Des films

Les films 35 mm noir et blanc, muets, représentent environ 100 heures de projection. Il s’agit surtout de rushes (images brutes issues du tournage), auxquels s’ajoutent des films provenant d’actualités de l’époque.
Le musée réalise des films documentaires à partir de ces archives, projetés à l’occasion d’événements culturels nationaux, comme la fête de la Science ou les journées du Patrimoine, ainsi que dans des festivals internationaux du film. Ils sont aussi régulièrement présentés dans les expositions temporaires du musée.

Fakir : l’exposition permanente

Des postes de consultation multimédia permettent de naviguer au musée sur le système FAKIR (Fonds Albert-Kahn Informatisé pour la Recherche), où une partie des collections du musée sont accessibles.

La nature des collections (plaques de verre au format 9x12 cm) interdit l’exposition d’originaux. Seules des reproductions sont installées sur les cimaises. Le nombre d’images exposées simultanément dans la galerie d’exposition est très réduit. Le Conseil Général des Hauts-de-Seine et le musée Albert-Kahn ont donc entrepris de développer un moyen moderne d’accès à la collection complète.

Depuis 2006 et jusqu’en 2014, par tranches successives, l’ensemble des collections (photographies, films, archives textes et photographies de matériels ou de mobilier ayant appartenu à Kahn) devient accessible. Le nouveau système multimédia est décliné en deux versions, l’une destinée aux chercheurs et aux professionnels de l’image (sur rendez-vous), l’autre aux visiteurs du musée.

Pour les visiteurs du musée

Quatre postes seront à la libre disposition du public dans la galerie d’exposition. Ils proposent trois grands domaines de navigation :

  • Rencontrer Albert Kahn : mieux connaître l’homme, son œuvre et son époque grâce à de nombreux repères biographiques et historiques, illustrés par des images et des clips que le visiteur découvrira à son rythme.
  • Voyager en images : le visiteur construit son propre itinéraire à partir de cartes géographiques et voyage grâce aux images commentées (photographies et films) prises entre 1909 et 1931 par les opérateurs d’Albert Kahn.
  • Découvrir le musée : un parcours interactif à partir d’un plan du site, offre un panorama des activités du musée et une présentation des jardins au fil des saisons accompagnée de très belles photographies contemporaines.

Quelques vitrines permanentes complètent FAKIR en présentant du matériel (chambre photographique, malle de transport, boîtes de rangement…).

Pour aller plus loin...


Le 17 décembre 1903, les frères Lumière déposent le brevet principal de leur procédé de photographie en couleurs. Commercialisé quatre ans plus tard sous l’appellation d’« autochrome ». Les autochromes ne sont pas les toutes premières photographies en couleurs de l’histoire. Mais elles en sont le premier procédé industriel : elles permettent enfin de manière simple et fiable de fixer les couleurs.

L’autochrome repose sur le principe de synthèse additive trichrome (toutes les couleurs sont reproduites à partir de trois couleurs fondamentales). Sur un support en verre est étendu un mélange de fécule de pomme de terre teintée en orange, vert et violet (plus de soixante-quinze millions de grains de fécule pour une plaque de format 9 x 12 cm). Du charbon pulvérisé obstrue les interstices. Enfin, une couche d’émulsion noir et blanc sensible à toutes les couleurs du spectre recouvre l’ensemble.

Le problème majeur de l’autochrome est sa faible sensibilité à la lumière. L’exposition pouvant varier entre la seconde et plusieurs minutes, l’emploi de pieds photographiques est indispensable. Cela influe sur l’esthétique des images produites.

Sur le marché de la photographie en couleurs, l’autochrome tient une position dominante pendant plus de 25 ans. Après un passage sur support souple puis en bobine, la production cessera vers 1955.

Avec plus de 72 000 autochromes, le musée Albert-Kahn conserve la première collection au monde.

Pour en savoir plus : http://www.autochromes.culture.fr/

Les opérateurs des Archives de la Planète

Avec entre parenthèses, leur zone de mission et leur période d’activité pour les archives. Tous ont effectué des missions en France.

Uniquement photographe

Auguste Léon (Europe, 1909-1930), Jean Brunhes (Europe, 1912-1930), Léon Busy (Afrique, Indochine, Europe, 1914-1920), Paul Castelnau (Moyen-Orient, Égypte, 1917-1919), Georges Chevalier (Europe, Afrique du Nord, 1914-1945), Fernand Cuville (Europe, 1917-1921).

Photographes et cinéastes

Stéphane Passet (Europe, Extrême-Orient, Afrique du Nord, 1912-1917 et 1929-1930), Frédéric Gadmer (Moyen-Orient, Afrique, Canada,1919-1932), Roger Dumas (Europe, Inde, Japon, 1920-1931).

Cinéastes

Lucien Le Saint (Europe, Moyen-Orient, Terre-Neuve, 1918-1923), Camille Sauvageot (Europe, Afrique du Nord, 1919-1932), Thibaud(t) (France, 1919-1931).

Autres opérateurs occasionnels

Alfred Dutertre (lors du voyage autour du monde d’Albert Kahn, 1908-1909), Souvieux et Courtellemont (Algérie et Tunisie, 1909-1910), Mespoulet et Mignon (Irlande, 1913), Bernardel et Chastenet (1915-1917), Lachalarde, Delecaille, Vertujol, Wilse...

Département français photographiés en autochromes (avec * les départements qui n’ont pas été filmés)

Paris, Hauts-de-Seine, Seine-Saint-Denis et Val-de-Marne (ex-Seine) (plus de 5 500 plaques) Marne*, Meuse, Aisne*, Pas-de-Calais (plus de 2 000 plaques),
Essonne, Val-d'Oise et Yvelines (ex-Seine-et-Oise), Meurthe-et-Moselle, Somme (plus de 1 000 plaques)
Oise*, Haut-Rhin, Pyrénées-Atlantiques, Alpes-Maritimes, Puy-de-Dôme, Haute-Savoie, Seine-et-Marne (plus de 500 plaques),
Bas-Rhin, Calvados, Finistère, Dordogne, Lot, Gironde, Indre-et-Loire, Hautes-Pyrénées, Nord*, Ariège, Vosges, Bouches-du-Rhône, Haute-Garonne, Eure-et-Loir, Morbihan, Eure, Cantal, Charente-Maritime, Haute-Loire, Côtes-d’Armor, Aveyron, Seine-Maritime, Saône-et-Loire, Haute-Vienne, Corrèze, Gard, Yonne, Loir-et-Cher, Tarn (plus de 100 plaques),
Ardennes*, Loiret, Loire-Atlantique*, Tarn-et-Garonne, Aude, Ille-et-Vilaine, Allier, Vienne, Orne, Savoie, Nièvre, Moselle, Hautes-Alpes, Vaucluse, Hérault, Var, Sarthe*, Alpes-de-Haute-Provence, Côte d’or, Ain, Landes, Charente, Rhône, Manche, Haute-Marne, Isère, Territoire de Belfort* (moins de 100 plaques).

Pays photographiés en autochromes (avec * les pays qui ont aussi été filmés)

France* (plus de 35 000 plaques)
Japon* (plus de 2 000 plaques),
Grèce*, Belgique*, Turquie*, Cambodge* et Vietnam, Suisse*, Allemagne* et Pologne*, Algérie*, Italie, Afghanistan*, Inde*, Pakistan* et Sri Lanka, Iran*, Bénin* (plus de 1 000 plaques),
Égypte*, Canada*, Royaume-Uni*, Maroc*, Chine*, Irak*, Syrie, Espagne (plus de 500 plaques),
Liban*, Tunisie*, Israël* et Cisjordanie*, Bosnie, Pays-Bas*, Norvège, Arabie Saoudite et Jordanie, Macédoine, Serbie, Suède, Mongolie* (plus de 100 plaques),
Albanie*, Irlande, Monaco*, Brésil, Bulgarie, Chypre, Monténégro, Croatie, Autriche*, Hongrie, République Tchèque, Djibouti*, Kosovo, Portugal (moins de 100 plaques).

Pays uniquement photographiés en noir et blanc

Argentine, Danemark, Etats-Unis, Malaisie (Penang), Singapour, Uruguay, Russie (Sibérie).

Pays uniquement filmés

Luxembourg, Slovaquie, Ethiopie et Soudan, Malte

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