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Dès le 4 août 1914, une partie de l'Alsace est conquise par la France. En contexte d'économie de guerre, administrer un département supplémentaire, peuplé de surcroît de citoyens germanophones, pose rapidement de sérieux problèmes logistiques, économiques, sociaux et culturels. Une administration spécifique est mise en place : les services d'Alsace-Lorraine, dont l'une des missions est de préparer les esprits au retour de la totalité des « provinces perdues » dans le giron français à l'issue de la guerre. Un service dédié réalise et diffuse ainsi des films de propagande, destinés à familiariser les Alsaciens avec la France et sa culture. En 1918, la production de ces films est largement prise en charge par Albert Kahn qui, Alsacien d'origine, fournit des locaux, du matériel et des personnels. Réciproquement, pour acquérir l'opinion des Français de l'arrière à la cause du retour de l'Alsace-Lorraine, de grandes tournées de conférences avec projections de photographies sont organisées. Jean Brunhes compte au nombre des conférenciers, Georges Chevalier, opportunément mobilisé à la mission militaire d'Alsace, qui assure les prises de vues et les projections.

Échange de correspondance entre Albert Kahn et le conseiller d’État Lallemand, 12 et 14 avril 1918.
Archives nationales de France, AJ/30/107

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Paysages libérés : conférence de Jean Brunhes aux Journées d’Alsace-Lorraine, 11 novembre 1918,
transcription de J.B. Estoup, sténographe de la chambre des députés (extraits).

« Je diviserai cette courte conférence (...) en trois parties : les montagnes et les vallées de l’Alsace libéré (sic), en second lieu les villes et les villages, en troisième lieu les maisons et les habitants (...) Les photographies que je vous présente sont dues pour le plus grand nombre à M. Chevalier et quelques-unes à M. Castelnau. »

albert kahn expo guerre 3 A014315

 

 

 

 

"Une vue des Hautes Vosges dans la région du Ballon d’Alsace avec, au premier plan, des fils de fer barbelés, car c'est la zone de l’ancienne frontière. »

 

 

 

 

 

 

 

« Vue générale de Lauw prise de la route de Mortzwiller », Haut-Rhin, 26 juin 1918.
Autochrome de Georges Chevalier, inv A14315.

albert kahn expo guerre 4 A014287

 

 

 

 

 

"Voici la digue qui ferme le bassin d’Alfeld avec le monument assez peu élégant que Guillaume II est venu inaugurer lui-même. »

 

 

 

 

 

 

« Vue de la vallée de Sewen prise de l’Alfeld vers Sewen », Haut-Rhin, 24 mai 1918.
Autochrome de Georges Chevalier, inv. A 142 87.

albert kahn expo guerre 5 A014310

 

 

 

 

 

 

 

 

« Notre mission administrative militaire de l’Alsace occupée a été une administration merveilleuse. Lorsqu’on fera l’histoire de cette occupation, on verra quelle a été sa compréhension du pays, quelle a été à la fois son autorité et sa douceur, quels ont été se moyens d’information et quels ont été ses moyens d’influence par persuasion. »

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 « Le siège de la mission militaire », Masevaux, Haut-Rhin, 25 juin 1918.
Autochrome de Georges Chevalier, inv. A 14 310.

 

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« Une petite fille prise le jour de la fête du 4 juillet à Masevaux. A côté d’elle une gamine qu’on croirait dessinée par Hansi. C’est une de mes trouvailles. »

 

 

 

 

 

 

 

 

« Deux petites alsaciennes », Houppach (Masevaux)n Haut-Rhin, 1er juillet 1918.
Autochrome de Georges Chevalier, inv. A 14 326.

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"Deux jeunes filles d’une des vieilles familles de Masevaux. L’une est en jupon vert, l’autre en jupon rouge. Les deux jeunes filles, qui sont de même religion, ont voulu représenter chacune une tradition ; le jupon rouge était caractéristique des catholiques, le jupon bleu (sic) était porté par les protestants. Une de ces deux alsaciennes a une physionomie à la fois blême de la tristesse de tout le passé souffert et de l’espérance de la reconquête qui est venue. Cette dernière photographie est encore plus l’expression de tout ce qu’on a peiné en Alsace et de toute la fermeté, de toute la fidélité avec laquelle on a toujours regardé vers la France (Vifs applaudissements)."

 

 

 

 

 

 

« Mlles Hélène et Denise Lauth (Hélène avec jupe rouge, catholique) », Masevaux, Haut-Rhin, 7 juillet 1918.
Autochrome Georges Chevalier, inv. A 14 355

 

L’occupation de la Rhénanie.

Après la guerre, l'utilisation des Archives de la planète à des fins de propagande se poursuit dans le même esprit, dans le cadre de l'occupation militaire française en Rhénanie.

SHDGR19NN235 Échange de correspondance entre l’état major de l’armée du Rhin et l’équipe d’Albert Kahn, 15 et 18 octobre 1923, Service historique de la Défense, GR 19 NN 235. 

« Place du défournement, le coke est éteint », Gelsenkirchen, 22 octobre 1923.
Autochrome de Frédéric Gadmer, inv. A 40 082.
« Le poste de commandement [français] à Ratingen », Allemagne, 11 mai 1921.
Autochrome de Frédéric Gadmer, inv. A 26 845.
« Sommet du transbordeur et la tour », Allemagne, Gelsenkirchen, 22 octobre 1923.
Autochrome de Frédéric Gadmer, inv. A 40 065.

« Nos troupes dans les pays rhénans » (extrait : poste de douane à Gerresheim), scènes tournées en mai 1921.
Lucien Le Saint, film positif,réf. AI 89 149.